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26 mars 2008 3 26 /03 /mars /2008 07:05

    3h10 pour Yuma (J. Mangold) signe en Avril 2008 l'éternel retour du genre emblématique du cinéma américain : le Western. Avec les rares chefs d'œuvre successifs relativement récents que furent Impitoyable (C. Eastwood - 1992) et Open Range (K. Costner - 2004), le genre semblait baigner entre le ton crépusculaire et le ton aride et violent d'un docu-fiction (voir la minisérie télévisuelle Into the West (2005), non dépourvue de lyrisme). Le remake du classique Trois heures dix pour Yuma (D. Daves - 1957) ne déroge pas à cette double approche, ni à une âpre tension annoncée par le titre et que seule la fusillade finale résoudra partiellement.
   La campagne publicitaire du film de James Mangold est réalisée par le studio Ignition Print, également signataire de la campagne promotionnelle de John Rambo (S. Stallone - 2008).

 
   L'affiche américaine
de 1957 contenait en résumé le long métrage : tension imprimée par l'écoulement inéluctable du temps, train comme point de mire et échappatoire à un réel morbide et lui aussi crépusculaire, duel masculin fratricide et discrète histoire d'amour (sur une variante de l'affiche).

  

 

  L'affiche américaine teaser de 2007 est impressionnante : un poster vintage fait à l'ancienne dans une teinte terreuse et poussiéreuse unique, où un personnage anonyme doublement armé est vu de dos, attendant le fameux train de 3h10 pour Yuma...Nul ne sait s'il s'agit d'un bad boy préparant l'attaque dudit train ou du héros, seul finaliste d'un duel homérique. Le visuel évoque  le célèbre design d'Impitoyable pour la vue de dos, création de Bill Gold qui avait auparavant signée la légendaire affiche de Rien que pour vos yeux (J. Glen - 1981), dont la posture, synthèse du charme et du danger, est l'évident modèle de 3h10 pour Yuma.

 

 
 La première affiche américaine
résonne encore comme un teaser, vendant le film sur la seule idée d'une violence latente, marquée par la silhouette du gunfighter solitaire (qui n'est aucun des deux noms de la tête d'affiche) autant que par un titre tremblant et sanguinolent sur un fond blanc pacifique ou neutre. Notons que si le choix de la typographie n'est pas innocente, le « 3:10 » américain est aussi plus « impactant » que le sobre « 3h10 » français... L'accroche « Time waits for one man » complète l'idée d'un décompte macabre.


 

  La seconde affiche américaine
montre enfin le visage des opposants, armes à la main et dans une gestuelle visuelle savamment calculée puisque si ni les regards ni les balles (probables !) ne se croisent, elles contournent un titre central, enjeu scénaristique à la dramatique minutée... Le design évoque par ailleurs une carte à jouer (dans un design proche là aussi d'un James bond : voir par exemple le concept allemand du visuel de Vivre et laisser mourir (G. Hamilton - 1973)), où l'ultime coup de poker entre les deux caractères serait finalement de survivre à la diagonale mortelle de l'heure fatidique.

 tod-copie-1.jpg
  Difficile de dire réellement pourquoi le studio Ignition Print a réorienté le look général de sa campagne promotionnelle, entre l'esthétique appuyée de l'affiche teaser et le style plus commun (et moins réussi !) des affiches finales, si ce n'est le désir de vendre le film non sur son aspect western mais bien sur un titre connu et un couple de stars affirmées (qui auraient dû être Tom Cruise et Eric Bana), affiché en bigger than life dans un ensemble chromatique qui dénote à vrai dire avec l'imagerie affiliée au genre. Le Western n'a décidemment jamais fini ni de renaitre, ni de nous surprendre...

 

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  • : Les affiches de films sont des papillons de la nuit du Cinéma : multicolores, éphémères et éternelles à la fois... Invitation, trace, mémoire d'un film ou d'un genre, l'affiche en tant qu'oeuvre visuelle ne saurait être démentie, mais comment la déchiffrer, qu'en saisir et que nous dit-elle finalement, à nous, spectateurs ?
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