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5 avril 2008 6 05 /04 /avril /2008 15:40

Chapitre 8 - Lecture d'affiches thématiques (partie 4)


 

8. Le dernier mot...

 

Une bonne idée peut-elle se résumer à un seul mot sur un affiche de film ? Tous les concepteurs (studios ou affichistes) se sont un jour posés la question : comment rendre compte de la qualité d’un long métrage par le biais d’un seul mot, visuel, logo ou accroche ? La chose est rendue parfois plus évidente lorsque le titre du film lui-même est soit assez court (Titanic, Z, Scream, E.T., etc.) ou par avance très connu (Batman, Mulan, Shoah, etc.).

La mode des préaffiches et la technique marketing du buzz (bruit volontairement fait autour d’un nouveau produit) incite aussi les publicitaires à réfléchir sur une pré-campagne favorisant le mystère et l’attente, que dévoilera (en partie ?) ensuite l’affiche finale officielle.



  Les posters teasers de
Fanfan la tulipe (G.Krawczyk - 2003) ou des différents épisodes de Taxi (Taxi 4 - G.Krawczyk - 2007) sont ainsi faits par la société de production de Luc Besson (Europa Corp), en reprenant la mode américaine d’un visuel fort, décliné tout au long de la saga en court.

 

Le point d’interrogation posé par l’arrivée de Batman Forever en 1995 est un contre exemple, puisque les fans se posaient justement la question de l’intérêt d’un nouveau film placé sous l’égide d’un autre réalisateur que le prestigieux Tim Burton : annoncé pour le 16 Juin, le film se vendait toutefois sur la présence d’un adversaire du héros nommé E-nigma (l’homme mystère). En 2006, la ressortie de Superman (B. Singer) s’appuya sur une déclinaison d’un visuel justement mis en place en 1989 pour le premier Batman de T. Burton, et déjà positionné par Bryan Singer en 2003 sur le second opus des X-Men.

En France, se sont particulièrement les films de cape et d’épée qui aiment à décliner un logo titre simple orné d’un fleuret, ceci depuis le triomphe du Cyrano de Bergerac de J.P. Rappeneau en 1990. Mais comme on le voit, une affiche de film n’est jamais vendue uniquement sur un mot mais bien plutôt un visuel ou un mise en image du mot-phare de la promotion ; on se dirige alors vers un logo titre ou un visuel appuyé par la date de sortie du film. Il demeure rare que, dans le cas d’un nouveau produit, donc non reconnaissable immédiatement du grand public, le visuel soit totalement dénué du titre du long métrage  à venir. C’est le cas du mystérieux Cloverfield en 2008, production de JJ. Abrams qui mise sur les multiples interrogations posées par un visuel choc où l’on ne sait guère le sujet du film (attaque terroriste, catastrophe naturelle, film de science fiction, etc.).

 

 

  Approche quasi identique menée en France en 2004 pour la sortie de l’adaptation de la série de bande dessinée Blueberry par Jan Kounen (Blueberry, l’expérience secrète) avec un premier visuel accentuant uniquement un univers western chamanique, et un second dévoilant ensuite le casting principal, héros en tête. Les deux visuels se conjugueront pour donner au final l’affiche officielle, qui complétera le titre des termes « l’expérience secrète », non présents sur les deux affiches teasers.

 


 
  Un dernier exemple récent également marquant fut en 2005 le lancement de la campagne promotionnelle du très attendu
King Kong de Peter Jackson. Différents visuels (créés par la studio The Ant Farm, également à l’origine des visuels de la saga Shrek), rendirent successivement hommage au film homonyme de 1933, puis firent évoluer le visage de King Kong, en accord avec la vision du réalisateur, entre les mois d’Avril et Novembre 2005 (accentuation visible de l’intelligence farouche du singe géant, de ses cicatrices et de son aspect au rendu plus réaliste : visuel final ci-dessous à l’extrême droite).

  

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Published by Philtomb - dans Décrypt'affiche
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  • : Les affiches de films sont des papillons de la nuit du Cinéma : multicolores, éphémères et éternelles à la fois... Invitation, trace, mémoire d'un film ou d'un genre, l'affiche en tant qu'oeuvre visuelle ne saurait être démentie, mais comment la déchiffrer, qu'en saisir et que nous dit-elle finalement, à nous, spectateurs ?
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