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12 avril 2008 6 12 /04 /avril /2008 15:46

Synopsis : Depuis l'enfance, Rob Stewart se passionne pour les requins. À tel point qu'il est devenu biologiste et photographe sous-marin afin de pouvoir nager avec eux, décrypter leur mystère et déconstruire le mythe du requin mangeur d'hommes. Ce mythe, entièrement fabriqué, serait selon lui responsable de l'indifférence qui entoure, un peu partout dans le monde, le massacre de la population de requins à des fins commerciales. Du Costa-Rica aux Îles Galapagos en passant par le Guatemala, Stewart et l'équipage de l'activiste des mers Paul Watson tentent de dénoncer et de mettre en échec les braconniers à la solde de mafias asiatiques soutenues par des gouvernements corrompus. Il y va de l'équilibre écologique de la planète...






  Loup, ours, tigre, éléphant, oiseaux, insectes, phoques, manchots, dauphins, baleines et donc requins… Autant de films documentaires récents présentés à un public nouvellement acquis aux thèses écologiques, à la défense de l’environnement, de la biodiversité et de la préservation de l’avenir de la planète. Si les expéditions d’un Cousteau ou d’un Hulot ont eu le grand mérite d’être rendus immédiatement populaire par le petit et le grand écran, il aura fallu presque un demi-siècle pour que l’Homme se souci concrètement de la défense des espèces marines (mammifères marins en tête).

 
  Car entre traditions culinaires dévastatrices, oralité issue des Contes et Légendes populaires, techniques de chasse et qualités des armes améliorées, croissance des zones occupées par l’homme et pollutions diverses, des espèces comme le loup ou l’ours ont déjà disparu de notre territoire. Pour d’autres comme les requins, les peurs ancestrales liées à un mythe de « mangeur d’hommes » repris par le succès phénoménal des Dents de la mer (S. Spielberg ; voir aussi Peur bleue (R. Harlin - 2000) en 1975, auront suffi à en autoproduire une destruction programmée.

 





 
 On regardera donc à deux fois un film documentaire dont le pari évident est de nous faire approcher, aimer et comprendre une espèce jusque là littéralement cantonnée au film d’horreur (à la différence des dauphins du Grand bleu…), et où les phobies bien ancrées du public pour les espaces maritimes insondables ont plongé de pair avec Abyss, Titanic (J. Cameron - 1989 et 1998) ou Open water, en eaux profondes (C. Kantis - 2004). Surtout, il faudra que le film résonne justement comme tel et non comme un énième épisode d’une chaine documentaire quelconque : un titre fort et référent, un visuel simple et élaboré à la fois, une dose de merveilleux et de surprise.

 







  Tous les visuels récents ont été façonnés suivant ces préceptes (voir le dossier à cette page :
http://cine-l-affiche-en-plein-coeur.over-blog.fr/pages/Chapitre_4__Reprises_et_detournements__laffiche_mise_en_abyme_partie_1-406967.html et les affiches reprises ici), et celui des Seigneurs de la mer (R. Stewart - sortie le 09 Avril 2008) n’y échappe évidemment pas, car si le premier design du studio bpg se focalise sur la relation homme/animal et la vérité devant émerger de cette prise de contact, le visuel suivant accroit ce rapport, par deux aspects déjà présents sur l’affiche d’Un Jour sur Terre  (A. Fothergill et M. Linfield - 2007 ; A. Fothergill était déjà réalisateur de La Planète bleue en 2004) : la vie sur Terre est fragile et l’avenir de l’Homme repose entre ses mains. Défendre la biodiversité, c’est donc préserver la « magie » de l’équilibre des ressources naturelles, et transmettre ce patrimoine aux générations futures. Soit le même discours que celui du Commandant Cousteau depuis le Monde du Silence (L. Malle et J.Y. Cousteau - 1955) à l’affiche considérablement proche de celle des Seigneurs de la mer, accroche comprise.

 
 


  Ces mains « divinisées » tiennent-elles tous les maux de la Terre où faut-il encore, comme Atlas, soutenir la voute céleste ? La promotion joue certainement l’ambiguïté, car le mot « seigneur » (de la guerre…) est lui-même largement connoté en terme de supériorité, voir de  toute-puissance crainte des autres espèces. Le globe (en verre) est un bocal fragile tout autant qu’un bassin de vie ; entre requin et homme, c’est une éternelle guerre des mondes (eau et terre) qui est ainsi remise en perspective… Monde rêvé ou fantasmé enfin, que celui offert dans ce globe, puisque générateur de merveilleux et d'un autre monde plus ou moins idéalisé (voir le Monde de Nemo), celui de la grande bleue, qui donne le ton prédominant de l'affiche.

 


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  • : Décryptage d'affiche de films
  • : Les affiches de films sont des papillons de la nuit du Cinéma : multicolores, éphémères et éternelles à la fois... Invitation, trace, mémoire d'un film ou d'un genre, l'affiche en tant qu'oeuvre visuelle ne saurait être démentie, mais comment la déchiffrer, qu'en saisir et que nous dit-elle finalement, à nous, spectateurs ?
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