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2 mai 2008 5 02 /05 /mai /2008 19:16

 Synopsis : en ce jour d'automne, les lycéens, comme à leur habitude, partagent leur temps entre cours, football, photographie, potins, etc. Pour chacun des élèves, le lycée représente une expérience différente, enrichissante ou amicale pour les uns, traumatisante, solitaire ou difficile pour les autres. Cette journée semble ordinaire, et pourtant le drame couve...


 


  Eléphant
(
http://www.ac-nancy-metz.fr/cinemav/elephant/), de Gus Van Sant (2003), Palme d’Or et Prix de la mise en scène de Cannes 2003, et Prix pédagogique de l’Education Nationale, est un film s’efforçant essentiellement d’engager le dialogue sur la violence - animale et brutale - de la société contemporaine, placée entre système d’instruction et chemin de la marginalisation. Le titre, opaque, fait référence à la fois au téléfilm homonyme d’Alan Clark sur le drame irlandais réalisé en 1989, à l’emblème du Parti Républicain américain (libéral sur la vente libre des armes à feu), autant qu’à une certaine manière de percevoir les choses (voir à ce sujet la parabole bouddhiste des aveugles et de l’éléphant, chacun n’ayant qu’un  rapport éloigné de la perception de la réalité).  Le film traite du même sujet (la fusillade du lycée Columbine, situé à Littleton dans le Colorado en Juin 1999) que le documentaire Bowling for Columbine de Michael Moore, paru en 2002, et qui enquête plus largement sur le rapport de la nation américaine avec les armes à feu.

 

 Selon le réalisateur lui-même :
"On s'est amusé avec la dimension politique que peut représenter le titre, et donc sa charge satirique envers, bien sûr, l'aspect aliénant du système d'éducation américain. (.) Eléphant, c'est ce qui se voit comme le nez au milieu de la figure, mais ce que tout le monde souhaiterait bien occulter. " (Extrait de critique parue dans Positif  n°509/510, p. 83-84).

  

 

 Comme le rappelle en outre Alexandre Tylski sur le site Cadrage
(http://www.cadrage.net/films/elephant/elephant.html), il y a dans l’éléphant un fort pouvoir évocateur, tour à tour animal-totem, symbole mystique et culturel aussi sage que sourd, aussi puissant que terrestre et destructeur. On repérera également le taureau noir sur le tee-shirt jaune de l’adolescent présent sur l’affiche (John Mc Farland, joué par John Robinson) : on y verra la reprise directe d’un des symboles espagnols contemporains (logo publicitaire créé en 1956 pour la marque de bière Osborne : voir ci-dessous) tout autant qu’une référence assez précise au Minotaure, puisque l’identification (erronée) du jeune personnage semi-angélique au tueur semble le perdre d’office, aux yeux du spectateur, dans les labyrinthes conjugués de la violence et des passions, du système scolaire et culturel, des structures et des cadres (en particulier le lycée même, longue suite de couloirs entrecroisés), des images et des symbolismes, puis, et par définition, dans l’errance elle-même labyrinthique du jeu des regards.



 

  
S’il existe une certaine adéquation consonantique entre les mots éléphant et enfant, celle-ci ressurgit en une affiche où l’image éthérée et multicolore des adolescents cache le poids d’une psychologie tantôt affichée ouvertement, tantôt camouflée à l’extrême. D’où la symbolique inhérente à un couple jouant le contraste lumière/obscurité (noir/jaune) sur un fond de ciel bleu idyllique, qui se transformera en cible dans une version ultérieure de l’affiche au titre rougeâtre, évidemment beaucoup plus explicite…  Expressions des sentiments, numéros, cases, jeu des vides et des pleins, des « trop » et des « pas assez » y sont la parole même de la cible adolescente.


 

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