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26 mai 2008 1 26 /05 /mai /2008 18:52

Synopsis : Le professeur Abronsius et son jeune disciple, Alfred, arrivent en Transylvanie pour y vérifier l'existence des vampires. Ils découvrent une auberge décorée d'ail et se heurtent à la réticence des villageois devant leurs questions. Mais bientôt Sarah, la fille des aubergistes, est enlevée...

 

  S’il fallait définir en trois mots le Bal des Vampires (The Fearless Vampire Killers ou Dance of the Vampires - 1967) de Roman Polanski, on choisirait assez aisément Epouvante, Comédie et Romantisme, tant chaque moment du film entrecroise cette triple thématique, jusqu’aux limites de l’ironie parodique. Polanski prend comme référence les films de la Hammer, comme le fera plus tard Tim Burton pour Sleepy Hollow (voir l’analyse ici : http://cine-l-affiche-en-plein-coeur.over-blog.fr/article-19743399.html), et plus particulièrement la vague récente de films centrés sur le personnage de Dracula (incarné par Christopher Lee), tous réalisés par Terence Fisher de 1958 à 1966. Réalisé en Angleterre pour les Studios MGM, le film s’écarte sensiblement de la représentation classique attendu par ces derniers : Polanski verra son film remonté et amputé sur le sol américain (ce sera un échec commercial), tandis qu’il arrive à en préserver le montage pour la diffusion en Europe (ce sera un succès public et critique)…

 

  Si toute la machinerie liée au mythe des vampires surgit à un moment ou un autre dans le film, de l’auberge sinistre à la crypte, du cimetière aux cris stridents, des ombres expressionnistes au bossu inquiétant, en passant, bien sur, par les loups, l’ail, la croix et la Transylvanie (région située au nord de la Roumanie et cernée à l'Est et au Sud par la chaîne des Carpates, associée aux histoires de vampires en général et au comte Dracula (qui y a élu domicile) en particulier), on remarquera dès l’affiche une double lecture de style.

 

 

  Commençons par l’affiche française : le titre, sanguinolent à souhait, est à la fois validé par un dessin réaliste (le fameux bal) dans la partie inférieure de l’affiche tandis qu’il est parodié dans sa partie supérieure, en un dessin caricatural et humoristique (la promise s’inquiétant des dents plus qu’aiguisées du fameux comte… qui lui a déjà croqué la main en guise de baisemain !). Les deux personnages, en rouge et blanc, complètent un ensemble éclaboussé de (sang) rougeoyant. Remarquons l’ancrage historique dans la tenue vestimentaire des personnages (le début du XIXème siècle), les vestiges d’un château, les chauves-souris et les ailes du vampire, tous éléments référents du genre.

 

  

  L’affiche américaine
 illustre la volonté des studios de vendre le film de vampires et d’épouvante traditionnel, autour du design comic de Franck Frazetta, célèbre dessinateur américain né en 1928, essentiellement connu pour ses illustrations des univers de Conan le barbare et Tarzan sur un ton d’Héroïc-Fantasy (voir le site dédié :
http://www.frazettaartgallery.com/ff/index.html). On remarquera toutefois la tonalité décalée de série B du concept, lorgnant ouvertement vers le kitsch semi-érotique dans le traitement réaliste du vampire et de sa proie féminine, tandis que la parodie visuelle s’installe dans sa partie inférieure. Dans un premier concept promotionnel, le titre américain est d’ailleurs complété du grinçant « Pardon me, but your teeth are in my neck » (Excusez moi, mais vos dents sont dans mon cou…) également repris pour l’illustration de la sortie Vidéo.  L’affiche américaine et l’affiche française sont exactement inversées, pour deux versions d’un même film finalement bien différentes dans leur entreprise artistique. Dans les deux cas, toutefois, un bandeau est venu préciser l’interdiction aux moins de 13 ans, logiquement appliquée aux films d’horreur dans les années 1960, mais du coup un peu hors de propos concernant le film de Polanski. Not suitable for children !

 

 

 

 

Sur le film, lire le dossier CNDP/Télédoc :

 

http://www.cndp.fr/tice/teledoc/Mire/teledoc_baldesvampires.pdf

 

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commentaires

Gilles Penso 09/06/2008 21:05

Bravo, belle analyse, comme toujours. J'avoue que LE BAL DES VAMPIRES ne m'a pas autant amusé que ce que j'aurais espéré. Dans le genre, je suis beaucoup plus sensible à l'humour de FRANKENSTEIN JUNIOR ou DOCTEUR JERRY ET MISTER LOVE.

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  • : Les affiches de films sont des papillons de la nuit du Cinéma : multicolores, éphémères et éternelles à la fois... Invitation, trace, mémoire d'un film ou d'un genre, l'affiche en tant qu'oeuvre visuelle ne saurait être démentie, mais comment la déchiffrer, qu'en saisir et que nous dit-elle finalement, à nous, spectateurs ?
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