Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
29 mai 2008 4 29 /05 /mai /2008 18:29

Synopsis : En 1797 dans l’Aveyron. Après avoir été capturé par des paysans, un enfant sauvage est amené au Docteur Itard, à Paris, qui le baptise du nom de Victor. La plupart du monde scientifique le considère comme un enfant attardé, mais le Docteur Itard va réussir à éveiller ses capacités intellectuelles…

 

 

  Avec Les 400 coups (1959) et L'Argent de poche (1976), L'Enfant sauvage (1970) appartient à une trilogie de François Truffaut sur l'enfance, période dont on sait qu’elle fut particulièrement  délicate dans sa propre histoire.  Si l’histoire du film repose principalement sur les travaux du Docteur Itard, et donc sur une histoire comprise comme véridique, le cas précis de « Victor de l’Aveyron » semble être aujourd’hui sujet à forte caution. Ces interrogations font suite, notamment, aux travaux de  Serge Aroles, un chirurgien auteur de L'Enigme des enfants-loups (2007), qui fut le premier à remettre en cause le récit de Misha Defonseca dans son Survivre avec les loups (1997 ; voir : http://fr.wikipedia.org/wiki/Survivre_avec_les_loups_%28roman%29) et ceci en dépit de la myriade de cas semi-avérés d’enfants sauvages parcourant authentiquement l’Histoire mondiale (voir l’article suivant et les liens proposés à sa suite : http://fr.wikipedia.org/wiki/Victor_de_l%27Aveyron ; voir également le dossier Télédoc : http://www.cndp.fr/tice/teledoc/dossiers/dossier_sauvage.htm).

 

 

  Si la thématique Nature-Culture apparait immédiate, dans une opposition un brin manichéenne entre monde sauvage et monde socialisé, liberté propre à l’Homme (relire Rousseau !) et éducation stricte,  elle a le mérite de tracer une toile de références visuelles et scénaristiques largement connues : récits mythologiques divers, histoire de Romulus et Remus,  Livre de la Jungle (récit de R. Kipling  paru en 1894, porté dès 1942 au cinéma et que les Studios Disney adaptent à leur tour en 1965), mais aussi Tarzan (créé en 1912) ou l’Enigme de Kaspar Hauser (histoire vraie survenue au XIXème siècle en Allemagne et portée à l’écran par W. Herzog en 1974). On reverra également l’adaptation récente par Vera Belmont de Survivre avec les loups (2008).

 




 

  L’affiche française, signée de Guy Jouineau et Guy Bordage, traduit à vrai dire tout autant l’exigence formaliste de Truffaut que la pédagogie révolutionnaire et scientifique illustrée par le film : extrêmement sobre et dépouillée, elle fut cependant retravaillée suite à une première version jugée non satisfaisante par le réalisateur (la première montrée ci-dessus, sous toutes réserves car les sources sont rares). Dans les deux cas, le fond vert (la Nature et plus particulièrement la forêt) occupe les trois-quarts de l’espace, en une toile de fond obsédante à laquelle l’étrange Victor (joué par Jean Pierre Cargol, à la chevelure digne de la toison d’un loup) est inévitablement rattaché. Seul, isolé, muet ou incapable de communiquer, l’enfant est livré comme miroir au spectateur qui le découvre pour la première fois, à travers le cadre dans lequel on l’a placé en le sortant de l’espace qui lui était naturel. Le film jouera justement beaucoup sur cette idée de fenêtre, de cadre et d’espace identitaire auquel on appartiendra ou non.

 


 
 

  L’affiche américaine reprend le concept originel mais subverti l’idée de cri et de nudité à celle d’absence de communication. On sera peu surpris de voir finalement que ce design peu dynamique est remplacé, pour la jaquette du format Vidéo, par une photo extraite du film, retraduisant la position-refuge de la Nature pour l’enfant sauvage recroquevillé. C’est cette même photo qui avait donné lieu à la première mouture de l’affiche,  rejetée par Truffaut comme on l’a vu : la différence tient justement dans le rapport à l’enfant,  rabaissé, nu, animalisé et détournant le regard dans un cas, habillé, à hauteur et à l’égal du spectateur dans l’autre… Là est la différence et c’est tout le propos du film : rendre social ou exclure, mais avec les méthodes jugées moralement et physiquement les plus adéquates.

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Présentation

  • : Décryptage d'affiche de films
  • : Les affiches de films sont des papillons de la nuit du Cinéma : multicolores, éphémères et éternelles à la fois... Invitation, trace, mémoire d'un film ou d'un genre, l'affiche en tant qu'oeuvre visuelle ne saurait être démentie, mais comment la déchiffrer, qu'en saisir et que nous dit-elle finalement, à nous, spectateurs ?
  • Contact

Recherche

Archives

Pages