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11 juin 2008 3 11 /06 /juin /2008 09:59

Synopsis : Surgi de nulle part, le phénomène frappe sans discernement. Il n'y a aucun signe avant-coureur. En quelques minutes, des dizaines, des centaines de gens meurent dans des circonstances étranges, terrifiantes, totalement incompréhensibles. Qu'est-ce qui provoque ce bouleversement radical et soudain du comportement humain ? Est-ce une nouvelle forme d'attaque terroriste, une expérience qui a mal tourné, une arme toxique diabolique, un virus qui a échappé à tout contrôle ? 

  Pour Elliot Moore, professeur de sciences dans un lycée de Philadelphie, ce qui compte est d'abord d'échapper à ce phénomène aussi mystérieux que mortel. Avec sa femme, Alma, ils fuient en compagnie d'un ami, professeur de mathématiques, et de sa fille de huit ans. Très vite, il devient évident que personne n'est plus en sécurité nulle part…







 Phénomènes
(Sortie en salles le 11 Juin 2008), de M Night Shyamalan (relire sur ce blog :
http://cine-l-affiche-en-plein-coeur.over-blog.fr/article-18499200.html) est une fois de plus une œuvre « à double tranchant » : inscrit dans une tonalité de série B ou de film d’horreur/catastrophe, Phénomènes n’en demeure pas moins, et une nouvelle fois après Signes (2002) ou Le Village (2004), une réflexion sur l’Homme,  la structure familiale, la société insouciante, et leurs capacités à résister aux assauts extérieurs, quels qu’ils soient. Politique, foi, religion et volonté font souvent du héros une exception plus que rare, aboutissant à un dénouement heureux mais surprenant (sur le principe du fameux twist final (voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Twist_final). Mais l’espoir sera-t-il encore de mise dans ce nouveau film ?

 


 Comme souvent chez Shyamalan, et au-delà des inspirations explicites (ici, Les oiseaux (Hitchcock - 1963), l’Invasion des profanateurs de sépultures (D. Siegel - 1956) ainsi que les différents Godzilla), son cinéma s’appuie sur des idées fortes mais simples : « Je rentrais à New York, c'était une journée magnifique et les arbres bordaient la route. Je me suis brusquement demandé ce qui se passerait si la Nature se retournait contre nous. En un instant, j'avais toute la structure de l'histoire, les personnages s'imposaient d'eux-mêmes. J'en étais ravi parce que les films sont toujours meilleurs et plus accessibles quand c'est la structure qui prédomine. Avant même d'avoir écrit un mot du scénario, je savais que je voulais un style particulier pour ce film. J'avais envie de faire quelque chose d'électrique, d'acéré et de dynamique. »

(Sources : Allociné : http://www.allocine.fr/film/anecdote_gen_cfilm=126871.html).

 

  En regardant les visuels de Phénomènes (tous créés par les Studios The Ant Farm), notre œil est attiré par ce titre court et explicite, également emblématiques d’un réalisateur qui donne en permanence du sens et des indices : The Happening (en VO), traduit dans sa version québécoise par l’Evènement et dans sa version mexicaine/espagnole par La fin des temps, renvoie plus directement en français à un fait sensible ou un phénomène physique et naturel, dans l’acception scientifique du terme. Outre l’intrigante première affiche teaser américaine, avec sa file de voitures abandonnées (comme signal ultime de la désaffection humaine vis-à-vis des énergies sales ?), on remarquera que les affiches américaines et françaises finales ont préféré réintégrer l’élément humain et familial (homme/femme/enfant), bien que suggérant toujours ouvertement l’Apocalypse imminente. Déformation spatiale et anarchie du cadre bureaucratique urbain, couleurs froides et cellule familiale menacée complètent visuellement une accroche alarmiste («Il est déjà trop tard ») qui ne fait cependant plus référence aux précédents films de Shyamalan.

 




 Une version différente de l’affiche circule au Mexique (sous trois versions : on y retrouve la file de voitures abandonnées réorganisée mais le décor est celui de la ville de Mexico et de sa colonne de l’Ange de l’Indépendance !) et en Allemagne : pour cette dernière, il s’agit d’une surprenante  vue en plongée sur une humanité décimée où « survivre est la seule réponse »… Le couple vedette du film y apparait sous un double aspect puisque, outre la symbolique du noir et blanc de leurs vêtements, on verra dans ces nouveaux Adam et Eve une relecture du Pêcher originel : Paradis terrestre sacrifié, humanité aux mains tachées de sang (voir les ombres inquiétantes issues du couple) et incapacité de l’Homme a géré le patrimoine fondamental du Vivant. Ce que les sombres nuages noirs et orageux des précédents visuels présageaient sous la forme d’une menace aussi sur-naturelle que divine… Comme souvent, par conséquent, les affiches jouent sur la répulsion/attirance du spectateur pour la menace surgie de l’Inconnu : placés sur la frontière entre ville et campagne, zone de vie et de mort, cadre (familial) et hors champs, ces phénomènes ne manquent pas de terrifier une humanité incapable de « lire les signes avant coureurs » (les pages blanches s’envolent), dans une perspective permanente d’auto destruction programmée telle une Epée de Damoclès, mais aussi de cheminement vers un autre degré de connaissance (voir sur ce point l’affiche emblématique de Rencontre du troisième type).

   Phénomènes visuels ou retour à l’ordre naturel des choses ?

 

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love 09/05/2015 12:47

Les rencontres du 3eme type version Love Productions !
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