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15 octobre 2008 3 15 /10 /octobre /2008 19:26

  Coluche, l’histoire d’un mec (sortie le 15 Octobre 2008) est le titre d’un film-biopic, réalisé par Antoine de Caunes, qui retrace les vingt dernières années du célèbre humoriste, du Café de la Gare à sa fin tragique en 1986. Homme extrêmement populaire, des planches aux fameux Restos du Cœur (lancés fin 1985), et de la Radio (Europe 1) au Cinéma (il recevra en 1984 le César du meilleur acteur pour son rôle dramatique à contre-emploi dans Tchao Pantin de Claude Berri), mais également homme décrié, Coluche instaura un style à la fois provocateur et grossier, mais toujours tendre et juste. Chacune de ses apparitions télévisées était attendue avec grand plaisir par la France entière, complicité qui le poussera à se déclarer candidat officiel aux élections présidentielles de 1981.  Coluche donnera avant tout un nouveau visage à la télévision : plus de décontraction et un humour qui feront de lui, plus de vingt ans après sa disparition, un véritable mythe comique artistique, au même rang qu’un Louis de Funès, un Pierre Desproges ou un Pierre Dac.

 
 
 Peu étonnant, par conséquent, qu’un film vienne aujourd’hui restituer Coluche, sous les traits de l’humoriste François-Xavier Demaison.





 Que dire de l’affiche ?

 
  Tout d’abord que le genre biopic d’artistes ou de personnalités contemporaines trouve certainement une correspondance dans les adaptations françaises récentes que furent La Môme (Olivier Dahan - 2007) et Sagan (Diane Kurys), Sans arme, ni haine, ni violence (film de J.P. Rouve consacré à Spaggiari - 2008) ou les deux films, encore à venir, consacrés à Mesrine (J.F. Richet - 2008).

  Ces productions françaises ne font du reste que suivre une nouvelle vogue américaine également très riche (voir sur ce lien toutes les productions du genre à venir :
http://www.purepeople.com/12498-Depuis-La-Mome-c-est-la-grande-mode-des-biopics-en-France-Voici-tous-les-prochains-.html). Pour Coluche se posait donc la question d’un titre évocateur, non grossier pour rester grand public, et suffisamment illustratif d’un scénario que le seul nom de Coluche ne pouvait suffire à définir. S’ensuivirent une polémique et un procès soulevés par l’ancien producteur et imprésario de l’artiste, Paul Lederman, ce dernier prétextant que le titre-accroche « histoire d’un mec » lui appartenait à titre d’éditeur originel du sketch Histoire d’un mec sur le Pont de l’Alma. Lederman, dont le rôle apparait dans le film sous un nom modifié, se  verra finalement débouté le 14 Octobre par le Palais de Justice de Paris. Dans le cas contraire, tout l’affichage et le matériel de promotion publicitaire aurait dû être retirés et modifiés en catastrophe…

 

  Le film se présente donc comme une vision biographique moderne du personnage : le film n’est ni une hagiographie ni un réquisitoire, mais illustre les facettes humaines de l’humoriste, côté scène, dans la lumière, et côté sombre, dans les coulisses des drames personnels vécus à partir de 1981 (divorce, suicide de l’ami Patrick Dewaëre, dépression, drogue, etc.).  L’affiche se veut la traduction au plus juste de cette volonté de faire percer le clown blanc dans l’Auguste : titre blanc sur fond noir, silhouette aux couleurs vives (le jaune est la couleur des humoristes) et animées face à une salle sombre au public invisible, se résumant à un âtre noir inquiétant, lui-même opposé au faisceau blanchâtre du projecteur sur le sol. De dos, ombre portée dans un ultime salut d’un être dansant sur un pied aux frontières ténues des deux mondes : la vie et la mort, le dehors et le dedans, Coluche étant entre le côté cours et le côté jardin. Coluche incarne ici le mythe qu’il représente : un homme face à son Destin.

 


 
A l’instar du visuel créé pour La Môme, l’affiche de Coluche, l’histoire d’un mec, répond à une mode du film dit « crépusculaire », inspirée du visuel de Bill Gold pour Impitoyable (Cl. Eastwood - 1992) : on assistera, à chaque fois, aux derniers instants d’une histoire humaine personnelle, d’un lieu et d’une époque, où les soubresauts du héros, agité entre ombres et lumières, l’inscrivent de manière définitive dans la légende qui est la sienne.

 Coluche est fort justement de ce monde là, inscrit entre réel et imaginaire de la conscience collective.



Cf. dossier du site Allociné :

http://www.allocine.fr/film/anecdote_gen_cfilm=119023.html

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