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20 mars 2009 5 20 /03 /mars /2009 21:39

 Synopsis :

 Dans un quartier moderne où tout est très (trop) bien agencé habitent M. Arpel, son épouse et leur fils Gérard, que cette vie sans saveur ennuie. L'intrusion dans la famille de Monsieur Hulot, le frère de Madame, personnage rêveur et plein de fantaisie, sème le trouble dans cet univers aseptisé, d'autant plus qu'il devient rapidement le meilleur ami de Gérard...



 Mon oncle est un film réalisé par Jacques Tati en Mai 1958. Tourné en 1956 et 1957 à la fois en extérieur (à St Maur des Fossés et à Créteil) et dans les Studios de la Victorine (à Nice), Mon oncle recevra dès 1958 le Prix Spécial du Jury lors du Festival de Cannes, puis l’Oscar du Meilleur Film Etranger l’année suivante.

 Œuvre sociale et poétique, le film est dans la continuation du cinéma burlesque popularisé par Charlie Chaplin, Buster Keaton ou Harold Lloyd. Le Paris quotidien des années 1950, divisé entre un milieu populaire traditionnel et un milieu bourgeois attiré par une modernité clinquante, y fait l’objet d’une égale satire. Entre cirque et carton pâte, les personnages typiques et atypiques déambulent, égales silhouettes d’un monde issu des Images d’Epinal et se dirigeant vers un conformisme consumériste et volontiers aseptisé. est un film réalisé par Jacques Tati en Mai 1958. Tourné en 1956 et 1957 à la fois en extérieur (à St Maur des Fossés et à Créteil) et dans les Studios de la Victorine (à Nice), Mon oncle recevra dès 1958 le Prix Spécial du Jury lors du Festival de Cannes, puis l’Oscar du Meilleur Film Etranger l’année suivante.


  Entre ces deux « mondes », Monsieur Hulot…

Allure dégingandé, imperméable douteux, chapeau, parapluie et pipe vissés au personnage. Perpétuel inadapté à son environnement, naïf et rêveur, mais tout autant ingénieux, malicieux et calculateur, Hulot est parfaitement décrit par Jacques Tati, qui endosse le rôle :

 « C'est alors que j'ai eu l'idée de présenter Monsieur Hulot, personnage d'une indépendance complète, d'un désintéressement absolu et dont l'étourderie, qui est son principal défaut, en fait, à notre époque fonctionnelle, un inadapté. »


 Hulot est à la fois les acteurs du muet, Gaston Lagaffe (création du dessinateur André Franquin… en 1957) et Mister Bean (Rowan Atkinson, dans les années 1990).




 
L’affiche française fut dessinée par Pierre Etaix, ami proche de Tati depuis 1954, lui-même clown, cinéaste, magicien, gagman, et adepte du slapstick (principe comique reposant sur la violence faite au corps de l’acteur). L’esthétique générale s’inspire des tonalités des affiches de Saul Bass (voir celle d’Autopsie d’un meurtre, film d’Otto Preminger paru en 1959), tandis que le spectacle annoncé s’annonce « haut en couleurs » ou du moins tranché. Le rouge, le blanc et le noir, couleur chacune très prononcée, isolent des silhouettes archétypales, digne d’un cirque ou d’un théâtre en ombre chinoise : un petit chien à la connotation « très urbaine »,  un écolier et un adulte. Ce dernier est inévitablement le fameux « oncle », comme l’indiquent la jonction du personnage au titre, et la typographie choisie pour ce dernier (une écriture d’enfant appliquée). Trois personnages, trois tailles différentes mais une unité que l‘on devine complice, bien que prêtant naturellement à sourire… Tous deux en blanc, le neveu et l’oncle se regardent, le chien est en position de veille attentive. L’allure dubitative de l’oncle n’altère en rien sa symbolique protectrice : il est le « grand » devant veiller (tant bien que mal) sur le « petit », en une acceptation commune que suggère la jonction graphique des corps et une tête proche du premier mot, « mon ».

 



L’affiche américaine
se contente de décliner cet unique concept, en renforçant le côté illustratif du visuel mais en oubliant le principal : en effet, si le jardin-parc apparait, l’enfant, lui, disparait.  L’insolite silhouette du poisson-fontaine répond à celle d’un Hulot, intrus détouré de blanc définitivement hors du monde, tandis que le Vélosolex et deux chiens n’offrent guère plus d’indications que de connoter une ambiance française, voire parisienne.



 La symbolique portée par l’affiche de ce Mon oncle/Monsieur Hulot est aussi adroite qu’énigmatique : elle se décline à l’identique d’un film où l‘histoire, pourtant là en filigrane, ne se montre qu’au dernier plan.  Blanc et noir : Hulot provient du muet, il est anachronique et transparent. Rouge : il est partout, quasi sans-gêne et cependant plus éclairé que ses contemporains. Rouge et blanc comme précisé sur l’affiche, il est un coup de trait sur le tableau du vivant qui l’environne.

 


Pour aller plus loin …

-   http://www.tativille.com/ : site officiel de Jacques Tati.

-  www.abc-lefrance.com/fiches/Mononcle.pdf : dossier du site Abc-lefrance.

- http://www.collegeaucinema92.ac-versailles.fr/article.php3?id_article=61 : analyse et pistes filmiques.

-   http://analysefilmique.free.fr/analyse/o/oncle.php : analyse filmique.

-  http://www.grignoux.be/dossiers/034/index2.php : étude de la bande sonore du film.


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