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   En de très rares occasions, image et accroche ne font qu’un, autour d’une idée novatrice souvent liée à la notion de logo ou de symbole : le titre du film lui-même devient élément visuel, sujet à interrogation ou référent iconique d’un genre précis (cf. l’étude des logos titres au chapitre 5). On pourra citer ici l’exemple de West Side Story (R. Wise - 1961) avec la célébrissime affiche de Saul Bass (toute l’œuvre de ce dernier étant à classer dans cette catégorie), celui de Rocky 2 (S. Stallone - 1979) ou encore Fargo (J. Coen - 1996), avec l’affiche « cousue main » de Karen Swann, Eric Kintler et John Waxel.

  Dernier cas particulier : les remakes, refontes de chef-d’œuvres ou de films inconnus par des admirateurs plus ou moins soucieux de l’oeuvre originel. Très nombreux depuis le début des années 1990, par souci de rentabilité et du fait de l’augmentation drastique de films réalisés ou produits par an (100 uniquement pour la France en 1990, plus de 200 aujourd’hui), les remakes peuvent aussi être la relecture d’un grand classique de la Littérature (Robinson Crusoé, Les Misérables ou King Kong) ou d’un grand thème historique, sociopolitique ou religieux ( bataille d’Alamo, conflit israélo-palestinien ou vie de Jésus Christ). Dans tous les cas se pose le problème de l’affiche : fidélité ou non avec l’originale, jeu de référence ou détachement volontaire ?

 Quelques exemples : l’affiche du remake de Psychose d’Alfred Hitchcock (1963) ne pouvait pas ne pas rappeler la marquante scène de la douche , avec la réalisation du studio Intralink Film Graphic Design (Psycho de G.V.Sant - 1997). Notons que le logo titre est resté exactement le même, comme la réalisation, reproduction à l’identique de l’original.

  

  Pour des films qui cherche la distanciation volontaire comme
Le prince d’Egypte (S.Wells - 1998), le choix graphique s’éloigne considérablement des Dix Commandements (C.B de Mille - 1957) en ce que le morceau de bravoure final (passage de la Mer Rouge) n’est pas représenté, pas  plus que la symbolique religieuse.

 Ainsi, à la fois personnifiée par un acteur-vedette (on pourra dire icône), mise en profondeur par l’accroche et en forme par une imagerie choisie, l’affiche devient récit avant le récit, peinture précédent même ce qu’elle est sensée décrire (le film à proprement parler) et objet de consommation que l’on dira à presque tort dérivé du film, tant certaines affiches durent au-delà des temps et au-delà des films qu’elles supportent.

 Si l’affiche accroche, on le sait, le pari est gagné ! Hors, si l’enjeu est souvent risqué, il reste rare qu’une mauvaise  affiche soit allée franchement contre l’intérêt d’un film d’envergure internationale, puisque publicitaires, producteurs et réalisateurs connaissent leur affaire. Ce qui est sur, c’est qu’il demeure encore difficile de dire ce qui fait « une bonne affiche » : elle doit former un tout à la fois novateur et référencé qui frappe le plus grand nombre de personnes, et avoir son esthétique propre.

 Aux États-unis,le vocabulaire lié à l’affichage cinématographique est sensiblement le même qu’en France :

· Un artwork est le travail sur l’image de manière générale : c’est la ligne graphique du médium développé.

· Le title treatment est la manière de traiter, de dessiner le titre (choix des polices de caractères ou rendu graphique allant jusqu’au logo titrage (exple. de Star Wars, Harry Potter ou Taxi)).

· Le billing block est le pavé des responsabilités.

· Les Studios suivent des Guidelines et des Legal Guidelines imposées par la MPAA (Motion Picture Association of America) qui sont les lignes de conduite morales et légales  à tenir pour ne pas risquer les foudres de la censure (voir chapitre 2 sur ce point).

 



Fin 2005, les studios Sony Tristar proposèrent sur Internet un concours ouvert aux fans du jeu vidéo Silent Hill et leur
 proposant de réaliser eux-mêmes l’affiche du film, adapté par Christophe Gans. Les créateurs en herbe devaient respecter
les fameuses
guidelines des studios (photo du site Internet dédié).



·   Le  movie poster designer est l’artiste principal lié à la création de l’affiche, aidé par le directeur du marketing et des graphistes de seconde main, formant éventuellement un studio ou une agence.
  

· Le copywriter est le responsable de l’accroche (copyline ou tagline) du film. Le fameux « Dans l’espace, personne ne vous entendra crier » d’Alien (voir page 6 de ce chapitre) est l’œuvre d’une femme (!), Barbara Gips, employée  à ce titre chez la 20th Century Fox, et qui allia  à merveille la Science Fiction à l’Horreur, les deux univers du film de Ridley Scott. Le typewriter crée souvent plusieurs dizaines, voir centaines d’accroches, même lorsque la phrase retenue vient finalement… des dialogues du film. C’est aussi lui qui écrit parfois les phrases chocs prononcées ou écrites dans les pré bandes annonces, développement de l’accroche figurant sur l’affiche.

  Chaque élément de l’affiche est à lui seul un résumé de l’intrigue et de l’atmosphère du film ; c’est cette dernière que la campagne d’affichage se doit de propager au mieux, en utilisant un maximum de moyens marketing et d’arguments publicitaires pour... « accrocher l’oeil ».

 

 

 

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  • : Décryptage d'affiche de films
  • : Les affiches de films sont des papillons de la nuit du Cinéma : multicolores, éphémères et éternelles à la fois... Invitation, trace, mémoire d'un film ou d'un genre, l'affiche en tant qu'oeuvre visuelle ne saurait être démentie, mais comment la déchiffrer, qu'en saisir et que nous dit-elle finalement, à nous, spectateurs ?
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