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   Les films parodiques émanent, dans les années 1970 au USA,  à la fois d’une transposition d’un grand genre tombé en désuétude, la Comédie, et d’une volonté contestataire de rompre avec le mythe patriotique et héroïque américain. Mel Brooks (
Le shérif en prison, 1969 et Frankestein Junior, 1970), Woody Allen et le trio ZAZ en deviendront les chefs de file, relayés par Blake Edwards (Victor-victoria, 1981) dans une veine plus traditionnelle puis par l’équipe anglaise des Monty Python (Sacré Grall, 1975). Dans les années 1990, le genre Parodie s’est institutionnalisé autour d’acteurs comme Charlie Sheen (Hot shots, J. Abrahams, 1991), Leslie Nielsen (Y’a-t-il un flic pour sauver la reine ?, D. Zucker, 1988) ou les frères Wayans (Scary movie, 2000). Il est intéressant et amusant de cerner les évolutions de style dans les affiches, elles-mêmes parodiques d’autres affiches, et dans la manière de rendre critique ou risible l’univers décrit.

 

  











 
   En premier lieu, et comme le montre bien les affiches de
Hot shots et Hot shots 2 (J. Abrahams, 1993), la citation et l’emprunt ne sont là que pour démonter l’imagerie originale. Ici, respectivement Top gun (T. Scott, 1986) et Rambo (voir pages précédentes) sont pris à parti dans leur rendu du patriotisme exacerbé. L’accroche, le titre et même les mentions de responsabilité n’échappent pas au jeu du non respect, encore amélioré par la traduction française dans certains cas (le « part deux » d’Hot shots 2…)

 

En second lieu, les codes visuels passés implicitement lors d’un premier film parodique avec les spectateurs - ou les cinéphiles aptes à les décrypter… - demeurent pour former la charte graphique des opus suivants. Ainsi, la série des Y’a-t-il un flic pour sauver […] ? ( The Naked Gun en VO) suit-elle ses propres règles entre 1988 et 1994, en suivant les aventures délirantes de Frank Drebin (Leslie Nielsen) ; l’affiche, toute aussi loufoque, parodie le genre policier dans un premier temps (la balle de revolver) mais reprend la pose de 007 dans la première affiche. La série s’auto référence dans le dessin et l’accroche (la mention et l’avion de Y’a-t-il un pilote dans l’avion ?) et se détourne elle-même en 1990 (B. Logan) avec la parodie du  film l’Exorciste (W. Friedkin, 1973). 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 














 
  


  La parodie d’affiche de film, en troisième lieu, peut être directe : il s’agit alors d’un décalque volontairement détourné de l’imagerie originale, à la manière de l’art de la caricature. C’est le lot traditionnel des grandes icônes du Cinéma (Dracula, Jésus Christ ou Zorro). Ainsi, le
Dracula (1992) de Coppola se retrouve t-il Mort et heureux de l’être chez Mel Brooks en 1995, dont La folle histoire de l’espace (1987) évoquait déjà une autre série prestigieuse et plus sérieuse...



 




  Dans les années 2000, deux séries de films ont repris la corde parodique outrancière :
Austin Powers (J. Roach, 1997) et Scary movie (K. I. Wayans, 2000). La première série, mettant en vedette l’acteur Mike Myers, est une virulente satire des films d’espionnage et des années 1960 et 1970, série des James Bond et serials télévisuels célèbres en tête. Les affiches sont visuellement et volontairement kitsch, mais reprennent néanmoins la charte graphique bien réelle de certaines campagnes publicitaires des années évoquées.

Scary movie fut initialement une démarque ouverte de l’univers de la série de film d’épouvante Scream (W. Craven, 1996) mais la ligne artistique des affiches, judicieusement mise « à portée » d’un spectateur lambda, citait tour à tour aussi bien 6ème sens et Signes (M. N. Shyamalan, 1999 et 2001) que Matrix  (A. et L. Wachowsky, 1998), ou, comble du comble, Hot shots et les Y’a-t-il un flic ? sur le visuel du troisième film, signé... David Zucker !

  

 

 

 

     





  Les premières affiches de Scary movie 3 sont par ailleurs des modèles d’humour caricatural, où les affiches des films
Signes, Arrête-moi si tu peux ! (S. Spielberg, 2002) et Ring (H. Nakata, 1998) sont passées au filtre de la dérision, sans pour autant s’écarter de la charte graphique de la série. Cette méthode, prolonger sur la quatrième opus de la série des Scary Movie en 2006, devrait faire  inévitablement école désormais pour la promotion des futurs films du genre.

 



 

 

 


 

  La parodie au cinéma est aussi significative d’une nouvelle forme de mythologie : puisque la reprise de codes et de références en souligne justement l’importance et le caractère incontournable aux yeux du monde du 7ème art, l’affiche accède au seuil de la notion d’hommage pur et simple. Ce en quoi elle s’inscrit au mieux dans l’univers duquel elle se rapproche sans pour autant avoir  l’air d’y prendre part. On l’a souligné, la parodie est paradoxale, mais la publicité se joue aussi de ses propres modes de consommation pour mieux les réinventer.

 

 La France offre un spectacle comique assez proche d’Hollywood puisque émergent régulièrement des films parodiques comme La cité de la peur (A. berberian, 1994, avec un visuel inspiré de La cité des enfants perdus (Jeunet et Caro) film sorti la même année), La tour Montparnasse infernale (C. Nemes, 2000) ou Double zéro (G. Pires, 2003).

 

 

 

 

 

 

 

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  • : Décryptage d'affiche de films
  • : Les affiches de films sont des papillons de la nuit du Cinéma : multicolores, éphémères et éternelles à la fois... Invitation, trace, mémoire d'un film ou d'un genre, l'affiche en tant qu'oeuvre visuelle ne saurait être démentie, mais comment la déchiffrer, qu'en saisir et que nous dit-elle finalement, à nous, spectateurs ?
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