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2 avril 2008 3 02 /04 /avril /2008 18:28

  

  En avril 1968, lors de la sortie du film de Franklin J. Schaffner, la mode concernant l’affichage publicitaire est encore relativement concentrée sur 3 messages simples : le nom et le visage des principaux acteurs, un titre de plus en plus décliné en logo-titre (notamment lorsqu’il s’agit d’un film de genre) et un assemblage composite et dessiné des grandes scènes chocs du film. Enormément de studios font encore appel à des dessinateurs reconnus, mais il faudra attendre des artistes de la trempe de Saul Bass (design des affiches des oeuvres d’Otto Preminger ou d’Alfred Hitchcock) ou de Robert Peak (design des affiches d’Apocalypse Now, de Superman, Star Trek, Excalibur) pour que des créateurs véritables s’imposent sur la durée…

 

  

   L’affiche originelle
de la Planète des singes (déclinée en 5 visuels) met en avant essentiellement le mystère et le concept d’univers aliénant (« man…hunted…caged… ») issus du roman de P. Boulle.

  Une longue accroche résume l’intrigue du film. On y distingue le logo-titrage Planet of the Apes, création du typographe et logo-designer américain Edward Benguiat, qui sera reprise sur tous les films suivants, y compris le remake de Tim Burton en 2001.

 

 

    

 

 Parallèlement, le message critique du film de Schaffner est évoqué par un visuel pré-promotionnel (one sheet ou pré-affiche) qui détourne malicieusement la célèbre affiche gouvernementale au profit du recrutement (créée en 1917 par le peintre J.M. Flagg)…

 


 

 

     

Pour la promotion internationale, et suite à l’affiche de la première mondiale (ci-dessus, avec la ligne d’accroche « Somewhere in the universe there must be something better than man. »), la 20th Century Fox confie à des artistes locaux le soin de réaliser sur chaque continent des visuels en adéquation avec chaque culture. L’histoire ne retiendra presque aucun nom de ces créateurs anonymes qui œuvraient dans l’ombre des majors (on ignore encore par exemple le nom de l’artiste qui imagina le logo titre du film Le Parrain…).




 

 

En France apparaît ainsi une affiche qui lorgne autant du côté du serial d’aventure, du film fantastique que de la science-fiction. Le logo-titre n’est pas repris tel quel et l’interdiction aux moins de 13 ans y est à peine décelable (coin inférieur gauche)… C’est l’affichiste français Jean Mascii (sa signature apparait en haut à droite) qui réalise ici un travail semi photo-réaliste pour l’avant-plan avec Charlon Heston, au mépris d’un arrière plan plus confus où plusieurs scènes du film semblent se heurter. En comparant cette affiche avec la production de l’époque, on y re découvre des influences visuelles diverses : animalité et monstruosité opposées au monde scientifique humain (La machine à remonter le temps - G. Pal - 1960), paysages extra-terrestres (mais aux aspects terriens…) inconnus, désolés ou dévastés et ciels menaçants (2001, l’odyssée de l’espace - S. Kubrick - 1968), destruction de la race humaine (Le jour où la Terre s’arrêta - R. Wise - 1951 ; Le choc des mondes - R. Maté - 1951) et probable guerre des mondes.

  

 

 

 

 

 

  De même, d’autres genres cinématographiques que l’anticipation semblent ici convoqués : péplum (le héros réduit en esclavage, Heston popularisé par Ben Hur), aventure (un héros au physique proche de Tarzan, western (cavaliers « indigènes » contre héros blanc), horreur (monstres), film catastrophe (fin de l’humanité) et guerre dans une moindre mesure (au moins pour cet épisode de la série). Les différentes ressorties en vidéo donneront lieu par la suite à des relectures réactualisées et plus ou moins habiles du visuel principal.

 

  On retiendra enfin - et pour l’anecdote - de cette première campagne promotionnelle, qu’elle n’oublia pas l’aspect pédagogique puisqu’une affiche spécifique et une plaquette en deux volets furent éditées au profit des enseignants et étudiants désireux de comprendre… le comportement de l’homme !

 

  

  
 

 

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  • : Les affiches de films sont des papillons de la nuit du Cinéma : multicolores, éphémères et éternelles à la fois... Invitation, trace, mémoire d'un film ou d'un genre, l'affiche en tant qu'oeuvre visuelle ne saurait être démentie, mais comment la déchiffrer, qu'en saisir et que nous dit-elle finalement, à nous, spectateurs ?
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