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En 1969, l’australien Georges Lazenby devient le nouveau 007 dans Au service secret de sa majesté (Peter Hunt). Le retard pris par la production a trouvé le visage du nouvel interprète et les difficultés liées au tournage entraînèrent une campagne marketing très difficile, que seuls McCarthy et McGinnis purent remettre à flot, aidés par la finalisation du logo 007 (avec le 7 en crosse de pistolet) de David Caroff, créé depuis 1962. A noter que pour la première fois le visage du grand méchant du film Blofeld, chef du Spectre, incarné ici par Telly Savalas apparaît en contexte.





   En dépit de ses qualités, Lazenby n’a pas convaincu, et, en 1971, Sean Connery se voit offrir un énorme cachet pour revenir une dernière fois (officiellement) dans la saga : l’affiche des Diamants sont éternels (Guy Hamilton) peinte par McGinnis sortira à l’identique dans le monde entier, mais sera étrangement retouchée lorsque la production se sera aperçue que le héros était plus bas que les bond girls environnantes !

 


  2. Rien que pour nos yeux !

   Roger Moore, comédien britannique essentiellement connu pour ses séries télévisuelles (Ivanhoé, Le Saint, Amicalement votre), investi rapidement le costume de 007 lorsque les producteurs font appel à lui en 1972. En accord avec sa personnalité, les films suivants adoptent une posture en retrait sur deux marques de la série, le réalisme relatif et la cruauté, au profit d’un ton plus décalé reposant sur l’humour. Moore n’est pas Connery, et ceci dès l’affichage, même si le dessinateur McGinnis assure la transition en jouant sur le logo 007 et le double « o » du nom de l’acteur.









 


   
  Ainsi,
Vivre et laisser mourir (1973) et L’homme au pistolet d’or (1974), réalisés par Guy Hamilton possèdent des motifs quasi identiques : James bond semble presque indifférent, n’incarnant qu’une figuration emblématique atone tandis que l’image est envahie, surchargée de personnages aux charmes exubérants et de scènes d’action qui renvoient par leur accumulation beaucoup plus aux finals des premiers films burlesques qu’à l’univers de l’espionnage. Tout ceci n’est visiblement qu’un jeu… de tarot ?

  A l’époque, les pays méditerranéens et notamment l’Italie se distinguent de l’affichage mondial en édifiant des affiches promotionnelles de tous formats composées uniquement de photos, et où le nom du héros apparaît textuellement accolé au titre, comme dans l’exemple ci-dessus à droite.

 

 L’affiche de l’homme au pistolet d’or surenchérit : personnages féminins encore plus provocants ou actifs, renforçants par la même la passivité statufiée d’un héros qui n’est plus qu’un mannequin, devenu la cible (facile ?) résignée de l’énorme pistolet d’or qui le tient dans sa ligne de mire. Ce sera la dernière affiche désignée par Robert McGinnis. Les approches diverses font ressortir que l’adversité et les gadgets (incarnés par le grand Christopher Lee) faisaient bien l’essentiel du film...

 
















  Bien mieux mené à tous points de vue, l’
espion qui m’aimait (Lewis Gilbert) renoua certainement Roger Moore avec les fans de James Bond en 1977, en mettant en scène une histoire de grande envergure, dans des décors somptueux. L’affiché signée par le graphiste vétéran Robert Peak (Star Trek, Superman
) rompt clairement avec les visuels précédents.



  En s’appuyant sur une unique James Bond girl, Moore retrouve un peu de dynamisme mais cède le pas  l’aspect environnemental du film (sous-marins nucléaires de l’OTAN détournés et base du mégalomane Karl Stromberg, incarné  par Curt Jurgens).

   Bien que le film soit un gigantesque succès, les promoteurs éprouvent le besoin de relancer le personnage aux yeux d’une nouvelle génération de spectateurs, frappés en 1979 par la sortie de la Guerre des étoiles. Moonraker (Lewis Gilbert), 11ème aventure bondienne, se déroulera donc dans l’espace, et bénéficiera d’une esthétique calculée par le dessinateur Daniel Gouzee qui fera trois designs différents pour les campagnes anglaises et américaines. Outre le décor de la station orbitale de Drax (Michael Lonsdale), encore peuplé de créatures de pur agrément, qui plus est en apesanteur, la Bond girl principale s’appuie du moins sur un 007 ayant clairement repris du tonus.

 



  Les proportions excessives prises par le tournage de Moonraker firent en 1981 de
Rien que  pour vos yeux (John Glen) un nouveau tournant dans la série. Plus dur, mis en scène par un réalisateur qui investira ce rôle jusqu’en 1989, Bond redevient le centre de l’action dans des histoires plus proches de l’imaginaire de Ian Fleming. L’affiche, créée par Bill Gold, collaborateur de Clint Eastwood sur les Inspecteur Harry, fera date visuellement, déclinée de manière publicitaire ou parodique par un grand nombre de marques (voir les publicités officielles Renault et AM records). Pour la première fois, une Bond girl (Carole Bouquet) menace Bond lui-même qui est obligé de pointer curieusement son arme  à droite de la cible, probablement parce qu’il a reconnu enfin en elle, synthèse du charme et du danger mortel, une nouvelle alliée décisive.

   








 


 3. Dangereusement Bond ?

 

   Le succès inespéré étant bien présent, la production d’Octopussy en 1983 s’aligne de nouveau sur celle de rien que pour vos yeux :  base scénaristique extraite d’une nouvelle de Fleming, élément réaliste et même équipe de tournage comme de promotion. A ceci près qu’un nouvel adversaire cinématographique se présente face à Eon productions sous les traits du Jamais plus jamais (Irvin Kerschner, juin 1983) impulsé par Kevin McClory et Warner. Roger Moore et Sean Connery  se livrent donc un duel pacifique, l’un et l’autre essayant de sauver leur mise par l’humour et les deux films se faisant au final une mutuelle publicité, pour le plus grand bonheur des fans. Octopussy et Jamais plus jamais se traduiront différemment dans l’affichage : déclinant ironiquement le titre programme mais n’ayant pas le droit officiel de reprendre le logo ou la posture 007, Sean Connery apparaît plus amusé que… jamais, visant le spectateur complice plus par un sourire charmeur que par son arme, et en faisant appel à plus de modernité (logo titre très marqué années ‘80). Roger Moore surenchérit dans le registre victime et le sous-entendu, en faisant appel à ses premiers films, et par le biais d’une féminité multipliée par 8 pour une synthèse audacieuse des facettes du plus célèbre mythe cinématographique depuis Jésus Christ et Tarzan.    

 

 




  Détaillons : une main détient l’œuf de Fabergé, graal du film, une seconde la traditionnelle coupe de Champagne (droguée ?), trois autres s’affairent à caresser les cheveux, le cou et la poitrine du séducteur, complétées par deux gestes à connotation franche et une geste plus meurtrier. Bond reste apparemment hypnotisé… L’idée du concepteur Daniel Gouzee est toutefois plombée par un exotisme bon ton qui s’évanouit sur la version pantalon de l’affiche américaine (ci-contre), par une accroche trop ironique (« le meilleur des Bond ! ») et par un allongement des jambes du héros (destiné à le grandir lorsque l’affiche est vue de dessous) qui dérange quelque peu !

  

En 1985, Dangereusement votre marque les adieux de Roger Moore, qui accuse le poids des ans. Plus affirmée depuis Rien que pour vos yeux et Octopussy, la James Bond girl devient réellement un moteur du scénario comme de la campagne promotionnelle, puisque ici, la puissante Mayday (Grace Jones) est l’égal de 007 dans le visuel et dans l’accroche. Une nouvelle fois, l’affiche (dessinée par Daniel Gouzee) fera date, reprise et détournée de multiples fois pour présenter un duo d’acteurs homme-femme (voir comparatif d’affiches au chapitre 5). L’affiche française synthétise les deux pré affiches anglo-saxonnes. Un autre artwork (voir ci-dessous), repris directement de Rien que pour vos yeux et dû au concepteur britannique Vic Fair, apparu par la suite furtivement dans la promotion asiatique (au Japon principalement). Le costume blanc de Moore fut  alors jugé... peu masculin !

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  • : Les affiches de films sont des papillons de la nuit du Cinéma : multicolores, éphémères et éternelles à la fois... Invitation, trace, mémoire d'un film ou d'un genre, l'affiche en tant qu'oeuvre visuelle ne saurait être démentie, mais comment la déchiffrer, qu'en saisir et que nous dit-elle finalement, à nous, spectateurs ?
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