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26 juin 2008 4 26 /06 /juin /2008 17:51

Synopsis : "Ce n'était pas l'homme le plus honnête, ni le plus pieux, mais c'était un homme courageux. Il s'appelait Diego Alatriste."

 Tels sont les premiers mots du best-seller international d'Arturo Pérez-Reverte, "Le capitaine Alatriste". L'histoire se déroule dans l'Espagne impériale du XVIIe siècle, entre 1622 et 1643, sous le règne de Philippe IV, avant-dernier roi de la Maison d'Autriche. Philippe IV est un monarque faible et facilement manipulable, dominé par une Cour corrompue, agitée par les intrigues orchestrées par le très influent comte-duc Olivares. L'Empire espagnol décline lentement. La société souffre de ses nombreuses contradictions. Le luxe et l'opulence de l'aristocratie coexistent avec la misère et la vulnérabilité du peuple.  Ce monde déclinant est le théâtre des aventures de Diego Alatriste, fier soldat au service de Sa Majesté dans les Flandres, et mercenaire à Madrid et Séville en temps de paix.


 

 

  Film le plus cher à ce jour du cinéma espagnol (24 millions d’euros), Capitaine Alatriste (A.D. Yanes - 2006) s’inspire des cinq romans populaires écrits par Arturo Perez-Reverte depuis 1996, qui situent le personnage quelque part entre d’Artagnan, Cyrano de Bergerac et Don Quichotte. Les romans s’appuient sur une double lecture de l’Histoire et de la Littérature espagnoles, qui en font un sujet idéal d’étude dans le milieu scolaire. Le film s’écarte toutefois volontairement du grand spectacle, inhérent au genre contemporain du film historique, au profit d’une lecture intimiste et philosophique de la période, ainsi confrontée à notre propre siècle. Comme l’évoque son réalisateur : "L'Espagne du XVIIe siècle avait une dimension de confusion et de fausseté qui n'est pas sans rappeler notre époque...".

(Sources : Allociné)

 

 

 

  La première particularité de ce film et du matériel publicitaire affairant est sans doute qu’ils datent de … 2006 (le film est sorti le 1er Septembre 2006 en Espagne). Le Studio Usert38 réalisa dès cette année trois visuels qui furent par la suite réemployés de manière internationale. En ressortent les idées fortes du personnage d’un bretteur méditerranéen fatigué et désabusé, blessé, sali et poussiéreux dont l’imagerie renvoi bien sur assez directement au  Quichotte de Cervantès (écrit et publié de 1605 à 1615) dont la transposition la plus récente aurait du être Lost in la Mancha (T. Gilliam - 2003). A l’inverse de ce fameux personnage, toutefois, Alatriste apparait plus solitaire, réellement aristocrate (son grade de capitaine (capitan) ; le port de l’épée ; absence de l’armure de conquistador) et aussi plus en phase avec un contexte historique réaliste, où la guerre est omniprésente (le design général de l’affiche n’étant guère éloigné de celles des films les plus récents dans le genre).

 

   


 
Si le nom du personnage principal revêt une certaine empathie mélancolique (tristesse et souffrance morale), celle-ci est avant tout transposée dans un titre à la typographie vintage elle-même usée, relativement modifiée sans sa version française pour rapprocher l’œuvre du seul genre « cape et épée » (le personnage retrouve son grade militaire et l’écriture se fait plus romanesque, à la manière du Bossu ou des Trois Mousquetaires). L’arrière plan, plus ou moins flouté ou silhouetté, demeure pour amorcer le contexte d’une armée espagnole type du XVIIème siècle. L’ensemble du design est également assez évocateur des tonalités de la peinture de Velasquez et du Siècle d’Or espagnol, préférant toutefois une grande simplicité aux effets parfois exagérés du style Baroque.

 

 

 

  L’affiche résonne à vrai dire comme une affirmation : le film sera le portrait de l’Espagne du XVIIème siècle, dont le déclin tragique est déjà amorcé de par sa principale raison (des guerres extrêmement ruineuses) et où la figure fière du bretteur disparait au profit d’une nouvelle violence, amenée par l’usage intensif des armes à feu. Très proche dans sa tonalité romantique comme dans sa destinée d’un Cyrano de Bergerac ou d’un Capitaine Fracasse, Alatriste peut ce percevoir comme la confrontation du héros littéraire au monde moderne, là où ni l’épée ni la plume ne trouvent réellement leurs places, dans le nouveau concert de la politique de conquête des grandes nations tournées vers l’Absolutisme royal.

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commentaires

Philtomb 27/11/2008 21:28

Fort intéressant sujet sur lequel je te souhaite bon courage et t'invite à relire les articles de ce forum (notamment " L'affiche productrice de sens" et les différents chapitres de la partie "pages"). En espérant que tu communiqueras ton traavil une fois celui-ci finalisé... Ton sujet est aussi l'occasion de réouvrir le débat et d'engager les visiteurs à poster plus de commentaires !

ralph chami 27/11/2008 03:36

salut a tous!
Je m'appelle Ralph Chami, j'ai 22ans et je suis etudiant en Direction Artistique a l'Academie Libanaise des Beaux-Arts (ALBA).

Dans le cadre de ma 2eme Annee de Master, je prepare un memoire sur les affiches de films, ou je me consacre notamment sur la relation entre le spectateur et l'affiche de film. Ma problematique est la suivante: Comment l'affiche de film accapare le spectateur? Savoir comment l'affiche peut faire comprendre au spectateur quel genre de film il s'agit ou parfois l'affiche est un mystere a decouvrir!

Si quelqu'un aurait des documents qui peuvent m'aider a complété ma these, je vous pris de bien vouloir me l'avertir ou me l'envoyer sur mon adress E-mail: ralphchamii@gmail.com

Merci a TOUS!

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  • : Les affiches de films sont des papillons de la nuit du Cinéma : multicolores, éphémères et éternelles à la fois... Invitation, trace, mémoire d'un film ou d'un genre, l'affiche en tant qu'oeuvre visuelle ne saurait être démentie, mais comment la déchiffrer, qu'en saisir et que nous dit-elle finalement, à nous, spectateurs ?
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